Stylo à insuline

Insuline : comment elle fonctionne, les différents types et qui en a besoin

L'insuline a été découverte en 1921 à Toronto. Avant elle, un enfant atteint de diabète de type 1 mourait en quelques mois. Aujourd'hui, c'est un médicament vital pour des millions de personnes. Pourtant, en Afrique, l'insuline fait souvent peur : on la voit comme « le dernier stade » du diabète, ou comme un traitement qui rend dépendant. Voici ce qu'est vraiment l'insuline, comment elle fonctionne, les différents types et qui en a besoin.

Le rôle de l'insuline dans le corps

L'insuline est une hormone fabriquée par le pancréas, un organe situé derrière l'estomac. Quand on mange, le sucre (glucose) passe dans le sang. Le pancréas libère alors de l'insuline, qui agit comme une clé :

  • elle « ouvre la porte » des cellules des muscles et de la graisse pour que le sucre y entre et serve d'énergie ;
  • elle dit au foie de stocker le sucre et d'arrêter d'en fabriquer ;
  • elle favorise le stockage des graisses et la construction des muscles.

Résultat : le sucre dans le sang revient à un niveau normal. Entre les repas et la nuit, le pancréas continue à libérer un peu d'insuline en permanence (insuline « de base »).

Qui a besoin d'insuline ?

Le diabète de type 1

Le système immunitaire détruit les cellules du pancréas qui fabriquent l'insuline. Il survient souvent chez l'enfant, l'adolescent ou le jeune adulte, parfois brutalement : soif intense, urines très fréquentes (l'enfant qui se remet à mouiller son lit), perte de poids rapide, fatigue, et parfois acidocétose (vomissements, douleurs au ventre, respiration rapide, haleine à l'odeur de fruit, somnolence), une urgence mortelle.

Dans le type 1, l'insuline est indispensable à vie, dès le diagnostic. Sans elle, la personne meurt. Aucune plante, aucune prière, aucun régime ne peut la remplacer.

Le diabète de type 2

Au début, on le traite avec l'alimentation, l'activité physique et des comprimés (metformine, etc.). Mais avec les années, le pancréas s'épuise, et beaucoup de personnes finissent par avoir besoin d'insuline. Ce n'est pas un échec ni une punition, c'est l'évolution naturelle de la maladie. L'insuline est aussi utilisée temporairement dans certaines situations : infection grave, chirurgie, glycémie très élevée au diagnostic.

Le diabète de la grossesse

Quand l'alimentation ne suffit pas, l'insuline est souvent le traitement de référence pendant la grossesse, car elle est sûre pour le bébé.

D'autres formes

Certaines formes de diabète fréquentes en Afrique (diabète « cétosique » de l'adulte, diabète lié à la malnutrition ou à une maladie du pancréas) nécessitent aussi de l'insuline, parfois temporairement.

Les différents types d'insuline

Les insulines se distinguent par la rapidité et la durée de leur action :

  • Insulines rapides (« analogues » : lispro, asparte, glulisine) : agissent en 10 à 20 minutes, pendant 3 à 5 heures. Elles se font juste avant le repas pour couvrir le sucre du repas.
  • Insuline ordinaire (« humaine régulière », souvent appelée « rapide » ou « Actrapid ») : agit en 30 minutes, pendant 6 à 8 heures. À injecter environ 30 minutes avant le repas.
  • Insuline intermédiaire (NPH, laiteuse) : agit en 1 à 2 heures, pendant 12 à 18 heures. Souvent 1 à 2 injections par jour.
  • Insulines lentes (« basales » : glargine, détémir, dégludec) : action stable pendant 24 heures ou plus, sans pic. Une injection par jour, à heure fixe.
  • Insulines « mélangées » (par exemple « 30/70 » : 30 % rapide et 70 % intermédiaire) : très utilisées en Afrique, souvent en 2 injections par jour, matin et soir avant les repas.

Les schémas

  • Basal seul : une injection d'insuline lente ou intermédiaire par jour, souvent ajoutée aux comprimés dans le type 2.
  • Deux injections d'insuline mélangée par jour.
  • Basal-bolus : une insuline lente + une insuline rapide avant chaque repas. C'est le schéma qui imite le mieux le pancréas, surtout dans le type 1.

Le médecin choisit le type et la dose selon le type de diabète, les repas, l'activité, les résultats de glycémie et les moyens disponibles.

Les idées reçues sur l'insuline

  • « L'insuline rend aveugle ou fait couper les jambes » : faux. Ce sont les années de sucre trop élevé qui abîment les yeux et les pieds. Souvent, l'insuline est commencée tard, quand les complications sont déjà là, d'où la confusion.
  • « Une fois sous insuline, c'est pour toujours » : dans le type 1, oui. Dans le type 2, souvent, mais pas toujours (elle peut être temporaire).
  • « L'insuline, c'est quand on va mourir » : faux. C'est un traitement qui permet de vivre longtemps et bien.
  • « Les piqûres font très mal » : les aiguilles d'insuline sont très fines et courtes ; la plupart des personnes ne sentent presque rien.

À retenir

  • L'insuline est la clé qui fait entrer le sucre dans les cellules et freine sa production par le foie.
  • Elle est vitale dans le diabète de type 1, et souvent nécessaire avec le temps dans le type 2.
  • Il existe des insulines rapides, intermédiaires, lentes et mélangées, utilisées selon différents schémas.
  • Ce n'est pas l'insuline qui provoque les complications, mais le sucre trop élevé pendant des années.

Lire aussi : Bien s'injecter et reconnaître l'hypoglycémie · Metformine · Diabète de type 2 · Soins des pieds

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Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un médecin. Mubina Essence ne vend pas de médicaments.

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Test de glycémie au lecteur
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