« Tu as la typhoïde » : pourquoi le test de Widal trompe si souvent, et comment se protéger vraiment
Fatigue, fièvre, mal de ventre : un test de Widal, et le verdict tombe, « typhoïde ». Dans beaucoup de pays africains, ce diagnostic est posé très souvent, parfois à tort. Or traiter une typhoïde qui n'existe pas a des conséquences réelles.
La fièvre typhoïde, c'est quoi ?
C'est une infection due à une bactérie, Salmonella Typhi, qui se transmet par l'eau et les aliments souillés par des selles. Les signes s'installent progressivement :
- fièvre qui monte jour après jour et dure plus d'une semaine
- maux de tête, grande fatigue, perte d'appétit
- douleurs au ventre, constipation ou diarrhée
Non soignée, elle peut se compliquer (hémorragie ou perforation de l'intestin). C'est une vraie maladie, qu'il faut prendre au sérieux.
Le problème du test de Widal
Le test de Widal recherche dans le sang des anticorps contre la bactérie. Il est bon marché et rapide, mais peu fiable :
- il peut être positif chez une personne qui a eu la typhoïde ou un vaccin il y a longtemps ;
- il réagit avec d'autres infections, dont le paludisme ;
- dans les régions où la bactérie circule, beaucoup de personnes en bonne santé ont déjà des anticorps ;
- au début de la maladie, il peut au contraire être négatif.
Résultat : des personnes reçoivent des antibiotiques pour rien, tandis que la vraie cause de leur fièvre (paludisme, infection urinaire, pneumonie…) n'est pas soignée. Et l'usage excessif d'antibiotiques rend les bactéries résistantes.
Les vrais examens
L'examen de référence est l'hémoculture : on met le sang en culture pour y chercher la bactérie, idéalement avant tout antibiotique. La coproculture (analyse des selles) peut compléter. Demandez à votre médecin si ces examens sont possibles, et ne vous contentez pas d'un seul Widal positif.
Le traitement
La typhoïde confirmée se traite par antibiotiques, prescrits par un médecin et pris jusqu'au bout. Les résistances augmentent dans le monde : l'automédication avec « l'antibiotique qui a marché la dernière fois » est une mauvaise idée.
Se protéger
- Buvez de l'eau sûre : bouillie, traitée ou en bouteille scellée.
- Lavez-vous les mains au savon après les toilettes et avant de cuisiner ou manger.
- Lavez fruits et légumes à l'eau potable, et préférez les aliments bien cuits, servis chauds.
- Méfiez-vous des glaçons, jus et crudités de provenance douteuse.
- Faites-vous vacciner : un vaccin efficace existe, recommandé dans les zones à risque et pour les voyageurs de la diaspora.
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Cet article donne des informations générales et ne remplace pas l'avis d'un médecin.











