Cotrimoxazole : réactions de la peau, déficit en G6PD, grossesse… les précautions indispensables
Le cotrimoxazole est un médicament précieux, mais il fait partie de ceux qui donnent le plus de réactions allergiques de la peau. Connaître les signes d'alerte permet de réagir à temps.
1. Les réactions de la peau : le signal d'alarme
Une éruption rouge qui démange peut apparaître dans les jours suivant le début du traitement. Plus rarement, mais plus gravement, surviennent des réactions sévères (syndromes de Stevens-Johnson et de Lyell) :
- fièvre et sensation de grippe ;
- plaques rouges ou violacées qui s'étendent ;
- bulles, peau qui se décolle ;
- plaies dans la bouche, les yeux ou les parties génitales.
Au moindre de ces signes, arrêtez immédiatement le médicament et allez à l'hôpital. Ces réactions sont plus fréquentes chez les personnes vivant avec le VIH. Une personne qui a fait une telle réaction ne doit plus jamais reprendre de sulfamide.
2. Le déficit en G6PD
Le déficit en G6PD est une particularité génétique des globules rouges, très fréquente en Afrique, surtout chez les hommes. Chez ces personnes, certains médicaments, dont les sulfamides, peuvent détruire brutalement les globules rouges (hémolyse) : grande fatigue, pâleur, yeux jaunes, urines très foncées couleur coca. Si vous connaissez votre déficit, signalez-le toujours.
3. Les autres effets indésirables
- Nausées, vomissements, perte d'appétit : prenez-le au repas.
- Potassium trop élevé dans le sang, surtout à forte dose, chez les personnes âgées ou ayant une maladie des reins, ou en association avec certains médicaments de la tension.
- Baisse des globules blancs ou des plaquettes lors des traitements longs ou à forte dose : saignements inhabituels, angines à répétition, fièvre doivent faire consulter. Des prises de sang de contrôle sont souvent prévues.
- Atteinte du foie ou des reins, rare.
- Sensibilité au soleil : protégez votre peau.
4. Grossesse et nouveau-né
- Début de grossesse : le triméthoprime bloque l'acide folique, indispensable au développement du bébé. Il n'est utilisé que si le bénéfice l'emporte, par exemple chez une femme vivant avec le VIH, souvent avec un suivi particulier.
- Fin de grossesse et nouveau-né de moins d'un mois : risque de jaunisse grave chez le bébé. À éviter sauf indication spécifique.
Chez les femmes enceintes vivant avec le VIH, les recommandations nationales précisent quand le poursuivre : ne l'arrêtez jamais de vous-même.
5. Les interactions
- Méthotrexate : association dangereuse pour la moelle osseuse.
- Anticoagulants antivitamine K : risque d'hémorragie.
- Certains antidiabétiques (sulfamides hypoglycémiants) : risque d'hypoglycémie.
- Phénytoïne (antiépileptique) : taux augmenté.
- Médicaments qui augmentent le potassium (spironolactone, IEC) : surveillance.
- Sulfadoxine-pyriméthamine (traitement préventif du paludisme chez la femme enceinte) : ne pas associer chez la femme qui prend déjà du cotrimoxazole.
Les bons réflexes
- Buvez beaucoup d'eau pendant le traitement.
- Surveillez votre peau les premières semaines.
- Signalez un déficit en G6PD, une grossesse, une allergie aux sulfamides.
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Cet article donne des informations générales et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien.












