Paludisme : les médicaments qui soignent vraiment, et les erreurs qui coûtent cher
Une fièvre, des courbatures, des frissons… et l'on pense tout de suite « palu ». Le paludisme reste l'une des premières causes de consultation et de décès en Afrique, surtout chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. Pourtant, il se soigne très bien quand on utilise les bons médicaments, de la bonne façon.
Toute fièvre n'est pas un paludisme
Avant de traiter, il faut tester : un test de diagnostic rapide (TDR), qui se fait en quelques minutes avec une goutte de sang, ou une goutte épaisse au laboratoire. Traiter chaque fièvre « au cas où » fait passer à côté d'autres maladies (infection urinaire, pneumonie, typhoïde, dengue…) et use les médicaments antipaludiques.
Les médicaments qui marchent : les CTA
Pour un paludisme simple, l'Organisation mondiale de la santé recommande les combinaisons thérapeutiques à base d'artémisinine (CTA), en général sur 3 jours. Les plus courantes :
- artéméther + luméfantrine
- artésunate + amodiaquine
- dihydroartémisinine + pipéraquine
Deux règles d'or : prendre la cure jusqu'au bout, même si l'on se sent mieux dès le deuxième jour, et respecter les horaires. L'artéméther-luméfantrine est mieux absorbé s'il est pris avec un repas ou un verre de lait.
Les erreurs qui coûtent cher
- Prendre l'artémisinine seule (sans médicament associé) : cela favorise les résistances du parasite.
- Arrêter la cure dès que la fièvre tombe : le parasite revient, parfois plus fort.
- Acheter des antipaludiques au bord de la route : ce sont parmi les médicaments les plus contrefaits.
- Se faire injecter à domicile par une personne non formée : abcès, mauvaise dose, infections.
- Compter uniquement sur les tisanes : certaines plantes soulagent, mais aucune ne remplace un traitement prouvé.
Les signes de gravité : direction l'hôpital
- convulsions, confusion, somnolence inhabituelle
- vomissements répétés : la personne ne garde pas ses médicaments
- grande faiblesse, impossibilité de s'asseoir ou de marcher
- respiration rapide ou difficile
- urines très foncées, yeux jaunes, pâleur extrême
- chez l'enfant : il ne boit plus ou ne tète plus
Le paludisme grave se traite à l'hôpital, en priorité par artésunate injectable. Chaque heure compte.
Femmes enceintes et jeunes enfants
Ce sont les plus fragiles. Pendant la grossesse, toute fièvre doit être vue par un soignant : certains médicaments ne conviennent pas au premier trimestre. Dans de nombreux pays, les femmes enceintes reçoivent un traitement préventif lors des consultations prénatales : ne les manquez pas.
Se protéger
- Dormez chaque nuit sous une moustiquaire imprégnée, enfants compris.
- Supprimez les eaux stagnantes autour de la maison (pneus, bidons, pots).
- Portez des vêtements longs le soir et utilisez un répulsif.
- Faites vacciner les enfants : des vaccins contre le paludisme sont désormais introduits dans plusieurs pays africains. Renseignez-vous au centre de santé.
Un mot pour la diaspora
Après quelques années en Europe, l'organisme perd une grande partie de sa protection naturelle. Avant un voyage au pays, consultez un médecin ou un centre de médecine des voyages pour un traitement préventif adapté. Une fièvre au retour doit faire penser au paludisme et consulter rapidement.
Cet article donne des informations générales et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien.












