Fluconazole : interactions dangereuses, grossesse et mycoses qui reviennent sans cesse
En prise unique, le fluconazole est très bien toléré. Mais il bloque aussi des enzymes du foie qui éliminent de nombreux autres médicaments. Et il ne règle pas à lui seul les mycoses qui reviennent sans cesse.
1. Les effets indésirables
- Nausées, douleurs au ventre, diarrhée, maux de tête : les plus fréquents.
- Éruption cutanée ; rarement, réactions graves de la peau, plus fréquentes chez les personnes vivant avec le VIH.
- Atteinte du foie, rare, surtout lors des traitements longs : fatigue, urines foncées, yeux jaunes.
- Troubles du rythme cardiaque, rares, surtout en association avec d'autres médicaments qui agissent sur le rythme.
2. Les interactions à connaître
Le fluconazole ralentit l'élimination de nombreux médicaments, qui peuvent alors s'accumuler :
- Anticoagulants (warfarine, acénocoumarol) : risque de saignement.
- Certaines statines (simvastatine, atorvastatine) : risque musculaire (voir statines).
- Sulfamides antidiabétiques (glibenclamide, gliclazide) : risque d'hypoglycémie.
- Phénytoïne (épilepsie), certains immunosuppresseurs.
- Médicaments qui allongent l'intervalle QT du cœur (certains antibiotiques, antipaludiques, antipsychotiques) : association déconseillée ou interdite selon les cas.
- La rifampicine (tuberculose) diminue fortement l'effet du fluconazole.
Signalez toujours vos traitements au pharmacien, même pour une « simple » gélule contre la mycose.
3. La grossesse
Pendant la grossesse, le fluconazole n'est pas le premier choix pour une mycose vaginale : les ovules ou crèmes vaginales (clotrimazole, miconazole…) sont préférés. Des doses élevées et prolongées en début de grossesse ont été associées à des malformations, et certaines études évoquent un risque de fausse couche même à faible dose. Demandez toujours conseil si vous êtes enceinte ou pensez l'être.
4. Les mycoses vaginales qui reviennent
Quatre mycoses ou plus par an : on parle de mycoses récidivantes. Plutôt que de reprendre une gélule à chaque fois, il faut en chercher la cause :
- un diabète non connu ou mal équilibré (le sucre favorise les champignons) ;
- la prise répétée d'antibiotiques ou de corticoïdes ;
- une baisse des défenses, dont le VIH : un dépistage est conseillé ;
- des habitudes d'hygiène qui irritent : douches vaginales, savons parfumés, produits « de serrage » ou plantes insérés dans le vagin ;
- des sous-vêtements synthétiques et serrés.
Le médecin peut alors proposer un traitement d'entretien sur plusieurs mois. Une analyse permet aussi de vérifier qu'il s'agit bien d'une mycose, et de quel champignon : certains résistent au fluconazole.
5. Les erreurs fréquentes
- Prendre du fluconazole pour toute gêne intime, sans savoir si c'est une mycose.
- En reprendre tous les mois sans chercher la cause.
- L'associer à d'autres médicaments sans en parler.
- Le prendre enceinte sans avis.
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Cet article donne des informations générales et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien.












