Après un paludisme grave traité par artésunate : anémie retardée, suivi et erreurs à éviter
L'enfant est sorti de l'hôpital, il va mieux… et deux semaines plus tard, il est de nouveau pâle et fatigué. Ce n'est pas forcément une rechute de paludisme : c'est peut-être une anémie retardée, un effet bien connu de l'artésunate.
Les effets indésirables de l'artésunate
L'artésunate est globalement bien toléré :
- vertiges, nausées, perte d'appétit ;
- rarement, réactions allergiques ;
- baisse passagère de certains globules blancs ou des réticulocytes (jeunes globules rouges).
L'anémie retardée après artésunate
Quand l'artésunate tue les parasites, les globules rouges qui les contenaient sont « nettoyés » par la rate et remis en circulation. Ces globules ont une durée de vie plus courte et sont détruits une à trois semaines après le traitement. On parle d'hémolyse retardée post-artésunate.
Elle concerne surtout les patients qui avaient beaucoup de parasites dans le sang, et notamment les voyageurs non immunisés. Elle est souvent modérée, mais nécessite parfois une transfusion.
Signes à surveiller après la sortie : pâleur, fatigue inhabituelle, essoufflement, cœur qui bat vite, urines foncées, yeux jaunes. Un contrôle de l'hémoglobine est souvent recommandé une à deux semaines, puis environ un mois après le traitement.
Les erreurs à éviter
- Attendre à la maison devant des signes de gravité (convulsions, somnolence, refus de boire) : chaque heure compte.
- Essayer d'abord des comprimés ou des tisanes chez un enfant qui vomit tout ou qui convulse.
- S'arrêter après les injections sans prendre la cure complète de CTA en comprimés : le paludisme peut revenir.
- Quitter l'hôpital contre avis médical dès que l'enfant se réveille.
- Utiliser des produits achetés hors circuit : les antipaludiques injectables contrefaits existent et peuvent être mortels.
- Croire à une rechute sans contrôle : une fièvre ou une pâleur après le traitement doit faire consulter pour un bilan, pas pour une nouvelle injection automatique.
Après le paludisme grave
- Allez à tous les rendez-vous de contrôle.
- Surveillez l'alimentation et l'hydratation de l'enfant.
- Après une atteinte du cerveau, signalez tout trouble du comportement, de l'audition, de la vue ou des apprentissages : des séquelles sont possibles et un suivi peut aider.
- Faites dormir toute la famille sous moustiquaire imprégnée et renseignez-vous sur la vaccination antipaludique des jeunes enfants.
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Cet article donne des informations générales et ne remplace pas l'avis d'un médecin.












