Métronidazole : alcool, goût métallique, urines foncées… effets indésirables et précautions
Goût de métal dans la bouche, nausées, urines couleur Coca, interdiction de boire de l'alcool… Le métronidazole a la réputation d'être un médicament « difficile ». La plupart de ses effets indésirables sont gênants mais sans gravité. Quelques-uns, plus rares, doivent faire arrêter le traitement. Voici ce qu'il faut savoir pour le prendre en sécurité.
Le métronidazole et l'alcool
Pourquoi on l'interdit
Depuis longtemps, on décrit chez certaines personnes un effet « antabuse » quand elles boivent de l'alcool pendant le traitement : bouffées de chaleur, rougeur du visage, maux de tête violents, nausées et vomissements, palpitations, chute de tension. Des études récentes discutent la fréquence réelle de cette réaction, mais l'alcool aggrave de toute façon les nausées et les troubles digestifs du métronidazole, et peut gêner la guérison.
La règle
- Aucun alcool pendant toute la durée du traitement, et pendant au moins 48 heures après la dernière prise (72 heures avec le tinidazole).
- Attention à l'alcool « caché » : vin de palme, bière de mil, liqueurs, certains sirops contre la toux, bains de bouche, certains plats cuisinés au vin.
Les effets indésirables fréquents (gênants mais bénins)
- Goût métallique dans la bouche, langue « chargée » : très fréquent. Il disparaît après l'arrêt. Des bonbons à sucer, des agrumes ou se brosser les dents peuvent aider.
- Nausées, perte d'appétit, douleurs au ventre, parfois vomissements ou diarrhée : prendre les comprimés pendant le repas.
- Urines foncées, brun-rouge : c'est le médicament qui colore les urines. C'est sans danger, et cela ne veut pas dire qu'il y a du sang ou un problème de foie. (Si les yeux deviennent jaunes, en revanche, consultez.)
- Maux de tête, vertiges, fatigue.
- Mycose buccale ou vaginale après le traitement.
Les effets plus rares, à surveiller
Les effets sur les nerfs
Surtout lors de traitements longs (plus de 10 jours) ou à fortes doses :
- fourmillements, engourdissements, brûlures dans les mains et les pieds (neuropathie) ;
- plus rarement, troubles de l'équilibre, confusion, difficulté à parler, convulsions (atteinte du cerveau, qui régresse en général à l'arrêt).
Ces signes doivent faire arrêter le traitement et consulter.
Les réactions allergiques et de la peau
Éruption, urticaire, gonflement du visage : arrêt. Très rarement, réactions graves (bulles, peau qui se décolle) : urgence.
Le sang
Rarement, baisse des globules blancs lors de traitements prolongés.
Le foie
Rarement, atteinte du foie. Chez les personnes ayant une maladie du foie sévère, la dose doit être adaptée.
Les interactions médicamenteuses
- Anticoagulants de type warfarine ou acénocoumarol : le métronidazole augmente fortement leur effet, avec un risque de saignements. Surveillance renforcée de l'INR nécessaire.
- Lithium : risque de toxicité.
- Certains antiépileptiques (phénytoïne, phénobarbital) : effets modifiés dans les deux sens.
- Disulfirame (traitement contre l'alcoolisme) : troubles psychiatriques, association contre-indiquée.
- Busulfan, ciclosporine : toxicité augmentée.
- Médicaments qui allongent l'intervalle QT du cœur : prudence.
Signalez toujours au médecin et au pharmacien les médicaments que vous prenez.
Grossesse et allaitement
- Grossesse : le métronidazole est utilisé depuis longtemps et peut être prescrit pendant la grossesse quand il est nécessaire, par exemple pour une vaginose ou une trichomonase, qui augmentent le risque d'accouchement prématuré. Le médecin choisit la forme et la dose. Pas d'automédication.
- Allaitement : il passe dans le lait. Pour les doses uniques fortes, on conseille parfois de suspendre l'allaitement 12 à 24 heures. Pour les traitements classiques, demandez l'avis du médecin.
Les erreurs fréquentes
- Prendre du métronidazole pour chaque diarrhée : la plupart ne sont pas des amibiases. Ce qui sauve, c'est la réhydratation.
- Croire que « les amibes reviennent tout le temps » et en reprendre chaque mois : souvent, le diagnostic est faux, ou il s'agit d'amibes non dangereuses, d'un côlon irritable, d'une intolérance alimentaire.
- Traiter une trichomonase sans traiter le partenaire.
- Traiter une mycose vaginale avec du métronidazole : il n'agit pas sur les champignons et peut même favoriser une mycose.
- Boire de l'alcool pendant ou juste après le traitement.
- Prolonger le traitement au-delà de ce qui est prescrit : risque d'atteinte des nerfs.
- Acheter des comprimés hors pharmacie : qualité inconnue.
À retenir
- Goût métallique, nausées et urines foncées sont fréquents et sans gravité.
- Pas d'alcool pendant le traitement et 48 heures après.
- Fourmillements, troubles de l'équilibre ou confusion : arrêt et consultation.
- Attention aux anticoagulants, et pas d'automédication pour chaque diarrhée.
Lire aussi : Métronidazole : mode d'action et indications · SRO : bien se réhydrater · Antibiotiques : bien les utiliser · Le gros intestin
Besoin d'un conseil ? Écrivez-nous sur WhatsApp : nous livrons des produits de santé et de bien-être dans les grandes capitales d'Afrique francophone.
Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien. Mubina Essence ne vend pas de médicaments.












