Hémorroïdes : causes, symptômes et soins pour les soulager (sans tabou)
Du sang rouge sur le papier toilette, une boule qui gêne, des démangeaisons, une brûlure en s'asseyant… Les hémorroïdes font partie de ces problèmes dont on a honte de parler, même à son médecin. Pourtant, elles sont extrêmement fréquentes : on estime que plus de la moitié des adultes en souffriront au moins une fois dans leur vie. Elles se soignent bien, à condition de savoir quoi faire et quoi éviter. On en parle ici sans tabou.
Les hémorroïdes, c'est quoi exactement ?
Contrairement à ce que l'on croit, tout le monde a des hémorroïdes. Ce sont des petits coussins de veines situés dans le canal anal. Ils sont normaux et utiles : ils aident à fermer l'anus et à retenir les selles et les gaz.
Le problème commence quand ces veines gonflent, s'enflamment, saignent ou sortent. On parle alors de « crise hémorroïdaire » ou de maladie hémorroïdaire.
Hémorroïdes internes et externes
- Internes : situées à l'intérieur du canal anal. Elles font rarement mal, mais saignent (sang rouge vif après la selle) et peuvent sortir pendant l'effort (on parle de prolapsus), puis rentrer seules ou avec le doigt.
- Externes : situées au bord de l'anus, sous la peau. Elles peuvent former un caillot (thrombose) : apparaît alors une boule dure, bleutée et très douloureuse, souvent après un effort ou une période de constipation.
Les symptômes
- Sang rouge vif sur le papier, en gouttes dans la cuvette ou sur les selles, juste après être allé aux toilettes.
- Démangeaisons, brûlures, sensation d'humidité ou de suintement autour de l'anus.
- Sensation de gêne, de pesanteur, de « quelque chose qui sort ».
- Douleur, surtout en cas de thrombose externe : difficile de s'asseoir, de marcher.
- Petites peaux molles au bord de l'anus (marisques), séquelles d'anciennes crises, qui ne sont pas dangereuses.
Pourquoi elles apparaissent
- La constipation : c'est la cause principale. Pousser fort sur des selles dures augmente la pression dans les veines.
- Rester longtemps assis : chauffeurs de taxi, conducteurs de moto, employés de bureau, commerçants assis toute la journée. Et aussi… rester 20 minutes aux toilettes avec son téléphone.
- La grossesse et l'accouchement : le poids du bébé et les efforts de poussée.
- Les diarrhées répétées, qui irritent la zone.
- Le port de charges lourdes (manutentionnaires, porteurs, travaux de chantier).
- Le surpoids, la sédentarité.
- L'alimentation pauvre en fibres, très pimentée ou arrosée d'alcool, qui peut déclencher des crises chez certaines personnes.
- L'hérédité : on peut avoir des veines plus fragiles.
Soulager une crise : les gestes qui marchent
1. Ramollir les selles
C'est le geste le plus important. Des selles molles passent sans frotter ni pousser.
- Mangez plus de fibres : légumes, papaye, mangue, haricots, mil, flocons d'avoine.
- Buvez 1,5 à 2 litres d'eau par jour.
- Si besoin, un laxatif doux (fibres type psyllium ou laxatif osmotique) sur conseil du pharmacien.
2. Le bain de siège
Asseyez-vous dans une bassine d'eau tiède (pas chaude, pas froide) pendant 10 à 15 minutes, 2 à 3 fois par jour et après chaque selle. Cela détend le muscle de l'anus, calme la douleur et nettoie en douceur. Inutile d'y ajouter du sel, du savon ou des plantes.
3. Une hygiène douce
- Après la selle, rincez à l'eau (la bouilloire, le pot ou la douchette sont parfaits) puis séchez en tamponnant avec une serviette douce ou du papier doux.
- Évitez le papier toilette rugueux, les lingettes parfumées, les savons agressifs, l'eau de Javel.
- Portez des sous-vêtements en coton, pas trop serrés.
4. Les bons réflexes aux toilettes
- Allez-y dès que l'envie se présente.
- Ne poussez pas fort ; si rien ne vient, revenez plus tard.
- Ne restez pas assis plus de 5 minutes : laissez le téléphone dehors.
- Un petit tabouret sous les pieds facilite l'évacuation.
5. Le froid pour une boule douloureuse
Un glaçon enveloppé dans un linge propre, appliqué quelques minutes, peut calmer une hémorroïde externe gonflée.
6. Les traitements de pharmacie
- Crèmes et suppositoires : ils calment la douleur, les démangeaisons et l'inflammation. Certains contiennent un anesthésique local, d'autres un corticoïde léger. À utiliser quelques jours seulement, sur conseil du pharmacien.
- Antidouleurs : le paracétamol est préférable. Évitez la codéine, qui constipe.
- Veinotoniques (comprimés à base de flavonoïdes) : ils peuvent réduire la durée d'une crise, sur une courte période.
Les erreurs à éviter absolument
- Appliquer du piment, du citron, du sel, du pétrole, de l'alcool ou des mélanges de plantes : ces produits brûlent une zone très fragile et aggravent l'inflammation.
- Utiliser des « remèdes » vendus sur les marchés ou à la radio pour « faire rentrer » les hémorroïdes, sans composition claire.
- Faire des lavements répétés avec des préparations irritantes.
- Prendre des laxatifs stimulants tous les jours.
- Ignorer un saignement qui dure en pensant « ce sont mes hémorroïdes ».
Quand d'autres traitements sont nécessaires
Si les crises sont fréquentes, si les hémorroïdes sortent et ne rentrent plus, ou si elles saignent beaucoup, le médecin (gastro-entérologue ou proctologue) peut proposer :
- la ligature élastique : un petit élastique posé au cabinet, sans anesthésie générale, qui fait tomber l'hémorroïde en quelques jours ;
- d'autres techniques au cabinet (sclérose, infrarouge) ;
- la chirurgie pour les formes importantes.
Une thrombose externe très douloureuse peut aussi être incisée par le médecin, ce qui soulage immédiatement.
Quand consulter sans attendre
- Saignement abondant, ou qui dure plus de quelques jours.
- Sang foncé ou mélangé aux selles, glaires, selles noires.
- Saignement avec changement des habitudes (constipation nouvelle, diarrhée), perte de poids, fatigue, pâleur.
- Premiers saignements après 45-50 ans ou antécédent de cancer du côlon dans la famille.
- Douleur très forte, fièvre, boule dure qui ne diminue pas.
Important : il ne faut jamais mettre automatiquement un saignement sur le compte des hémorroïdes. D'autres maladies (fissure, polype, cancer du côlon) peuvent saigner de la même manière. Un examen simple chez le médecin permet de faire la différence.
Pendant la grossesse
Les hémorroïdes sont très fréquentes en fin de grossesse et après l'accouchement. Les mesures douces (fibres, eau, bains de siège tièdes, hygiène à l'eau) sont la base. Pour les crèmes et les médicaments, demandez toujours l'avis de votre sage-femme ou de votre médecin.
À retenir
- Les hémorroïdes sont fréquentes, pas honteuses, et se soignent bien.
- Ramollir les selles, bains de siège tièdes et hygiène douce à l'eau : la base du traitement.
- Jamais de piment, citron, pétrole ou remède caustique sur la zone.
- Un saignement qui dure ou qui change doit être montré à un médecin.
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Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un médecin.












