Typhoïde ou paludisme ? Pourquoi le test de Widal trompe si souvent
Fièvre depuis trois jours, maux de tête, fatigue. Au laboratoire, on fait une goutte épaisse et un Widal. Résultat : « paludisme et typhoïde ». On repart avec un antipaludique et deux antibiotiques. Cette scène est si fréquente qu'on parle de « palu-typho ». Mais dans beaucoup de cas, le diagnostic de typhoïde est faux.
Deux maladies très différentes
Pourquoi le Widal trompe
Le test de Widal ne cherche pas la bactérie : il cherche des anticorps dans le sang. Or ces anticorps peuvent être présents parce qu'on a eu une infection à salmonelle il y a des mois, parce qu'on a été vacciné, ou à cause d'autres infections, dont le paludisme. Dans les régions où les salmonelles circulent beaucoup, une grande partie de la population a un Widal « positif » sans être malade. L'OMS déconseille de poser le diagnostic de typhoïde sur un seul Widal.
Conséquence : des millions d'antibiotiques sont prescrits inutilement chaque année, ce qui favorise les bactéries résistantes. La typhoïde résistante à plusieurs antibiotiques est d'ailleurs devenue un vrai problème dans plusieurs pays.
Les signes qui font penser à la typhoïde
Une fièvre qui monte progressivement pendant plusieurs jours, des maux de tête, une grande fatigue, des douleurs de ventre, une constipation ou une diarrhée, parfois une langue blanche et un pouls lent malgré la fièvre. Le diagnostic fiable se fait par hémoculture : on met le sang en culture pour faire pousser la bactérie, ce qui permet aussi de choisir le bon antibiotique.
Article d'information générale rédigé par l'équipe de Mubina Essence. Il ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien. Une question ? Écrivez-nous sur WhatsApp.












