Pelade et alopécies cicatricielles : les chutes de cheveux qui demandent un dermatologue
La plupart des chutes de cheveux sont réversibles. Mais certaines sont de véritables maladies du cuir chevelu, qui demandent un dermatologue rapidement. Voici les deux grandes familles à connaître.
La pelade : quand le système immunitaire s'en prend aux cheveux
La pelade (alopécie areata) est une maladie auto-immune : les défenses de l'organisme attaquent par erreur les racines des cheveux, sans les détruire.
- Une ou plusieurs plaques rondes, totalement dégarnies et lisses, apparues en quelques jours.
- La peau de la plaque est normale : ni rouge, ni squameuse, ni douloureuse.
- Elle peut toucher le cuir chevelu, la barbe, les sourcils, et plus rarement tout le corps.
- Les ongles peuvent être ponctués de petits creux.
Elle touche tous les âges, enfants compris. Elle est parfois associée à d'autres maladies auto-immunes (thyroïde, vitiligo) ou à un terrain allergique.
Bonne nouvelle : comme la racine n'est pas détruite, les cheveux peuvent repousser, souvent spontanément en quelques mois, parfois d'abord blancs. Mais la pelade peut récidiver ou s'étendre.
Les traitements, décidés par le dermatologue : crèmes ou injections de corticoïdes dans les plaques, minoxidil, et pour les formes étendues et sévères, de nouveaux médicaments en comprimés (les inhibiteurs de JAK), qui ont transformé la prise en charge. Le soutien psychologique compte aussi : la pelade peut être très difficile à vivre.
Les alopécies cicatricielles : quand la racine est détruite
Dans ces maladies, une inflammation détruit définitivement la racine et la remplace par une cicatrice. Les cheveux perdus ne repoussent pas : le but du traitement est d'arrêter l'extension le plus tôt possible.
L'alopécie centrale du sommet du crâne
Elle touche surtout les femmes noires, souvent entre 30 et 50 ans. Elle commence au sommet du crâne et s'étend en cercle, lentement, parfois pendant des années. Elle peut s'accompagner de brûlures, de démangeaisons, de picotements ou de sensibilité, mais parfois de rien du tout. Les cheveux de la zone deviennent cassants, puis la peau devient lisse et brillante. Ses causes ne sont pas totalement élucidées : un terrain génétique est suspecté, et les pratiques capillaires agressives (chaleur, produits chimiques, traction) pourraient l'aggraver.
Les autres formes
- Le lichen plan pilaire et ses variantes, avec rougeurs et petites squames autour des cheveux.
- Le lupus du cuir chevelu, avec des plaques rouges, cicatricielles, parfois éclaircies.
- La folliculite décalvante, avec des boutons de pus répétés et des touffes de cheveux qui sortent d'un même orifice.
- L'alopécie de traction ancienne (voir notre article).
Le diagnostic se fait par l'examen du cuir chevelu à la loupe, et souvent par une petite biopsie. Les traitements (corticoïdes en lotion ou en injection, certains antibiotiques pour leur effet anti-inflammatoire, et d'autres médicaments selon la forme) visent à éteindre l'inflammation.
Les signes qui ne doivent pas attendre
- Une plaque dégarnie dont la peau devient lisse, brillante, sans orifices de cheveux.
- Brûlures, démangeaisons ou douleurs persistantes du cuir chevelu.
- Une zone dégarnie qui s'étend au sommet du crâne.
- Des boutons de pus répétés sur le cuir chevelu.
- Des plaques rondes chez un enfant : la teigne doit aussi être évoquée (voir Pellicules, psoriasis ou teigne ?).
Dans les alopécies cicatricielles, chaque mois compte : ce qui est perdu ne revient pas, mais ce qui reste peut être sauvé.
En attendant le rendez-vous
- Arrêtez les coiffures serrées, le défrisage et la chaleur.
- N'appliquez pas de mélanges « maison » irritants (piment, ail, alcool, pétrole).
- Prenez des photos de la zone pour suivre l'évolution.
Lire aussi : Chute de cheveux : les 8 causes principales
Cet article donne des informations générales et ne remplace pas l'avis d'un dermatologue.







