Matériel de perfusion

Ceftriaxone : allergies, nouveau-nés, injections « de confort » et résistances, ce qu'il faut savoir

« Docteur, faites-moi une piqûre, ça ira plus vite. » Dans beaucoup de quartiers, la ceftriaxone est devenue la piqûre « passe-partout » contre la fièvre. C'est un mauvais usage, avec des conséquences pour le patient et pour tout le monde.

1. Les effets indésirables

  • Douleur au point d'injection, induration ; en intraveineuse, inflammation de la veine.
  • Diarrhée, parfois sévère, par déséquilibre de la flore intestinale ; mycoses.
  • Réactions allergiques : éruption, démangeaisons, et rarement choc allergique. Les personnes ayant une allergie grave à la pénicilline doivent le signaler : le risque d'allergie croisée est faible mais existe.
  • Boue dans la vésicule biliaire : la ceftriaxone peut former des dépôts, surtout à forte dose ou chez l'enfant, avec parfois des douleurs. Ils disparaissent en général à l'arrêt.
  • Rarement, anomalies des globules du sang, atteinte des reins ou du foie.

2. Le nouveau-né et le calcium

Chez le nouveau-né, la ceftriaxone ne doit jamais être mélangée ou perfusée en même temps que des solutions contenant du calcium : des cristaux peuvent se former dans les poumons et les reins, avec des conséquences parfois mortelles. Elle est aussi évitée chez les nouveau-nés prématurés ou ayant une jaunisse importante. C'est une raison de plus pour qu'elle ne soit administrée que par des soignants formés.

3. Les dangers des injections hors des centres de soins

  • Abcès au point d'injection.
  • Lésion du nerf sciatique si l'aiguille est mal placée dans la fesse, surtout chez l'enfant.
  • Choc allergique sans personne ni matériel pour y faire face.
  • Transmission d'hépatites ou du VIH en cas de matériel réutilisé.
  • Produits contrefaits ou mal conservés.

4. Le vrai danger collectif : la résistance

Utilisée massivement « au cas où », la ceftriaxone sélectionne des bactéries capables de la détruire, notamment les bactéries productrices de BLSE (bêta-lactamases à spectre étendu). Ces bactéries résistent alors à la plupart des antibiotiques courants. Elles sont déjà fréquentes dans de nombreux hôpitaux africains, et les infections qu'elles provoquent chez les nouveau-nés sont parmi les plus difficiles à soigner.

Chaque injection inutile rapproche le jour où la ceftriaxone ne marchera plus pour un enfant atteint de méningite.

5. Les erreurs à éviter

  1. Demander une « piqûre » pour une fièvre sans diagnostic : faites d'abord tester le paludisme.
  2. L'utiliser pour un rhume, une grippe, une diarrhée simple.
  3. Faire 1 ou 2 injections puis arrêter sans relais quand le médecin a prévu un traitement complet.
  4. Se faire injecter à domicile par une personne non formée.
  5. Acheter des flacons au détail dans la rue.

Quand faut-il vraiment une injection ?

Quand le patient est gravement malade (signes de méningite, de sepsis, de pneumonie sévère), quand il vomit tout, ou pour certaines infections précises. Dans les autres cas, un antibiotique en comprimés, quand il est nécessaire, est aussi efficace.

Lire aussi : Ceftriaxone : comment elle agit · Antibiotiques : le guide · Guide des médicaments

Cet article donne des informations générales et ne remplace pas l'avis d'un médecin.

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