Artésunate injectable : le traitement qui sauve les enfants atteints de paludisme grave
Le paludisme grave tue encore des centaines de milliers de personnes chaque année en Afrique, surtout des enfants de moins de 5 ans. Le traitement qui a changé la donne est l'artésunate injectable, devenu le traitement de référence de l'OMS en remplacement de la quinine.
Qu'est-ce que le paludisme grave ?
C'est un paludisme qui atteint les organes vitaux : cerveau (convulsions, coma), sang (anémie sévère), poumons, reins. Signes d'alerte : convulsions, somnolence ou confusion, impossibilité de boire ou de téter, vomissements répétés, respiration rapide ou difficile, grande faiblesse, urines très foncées, yeux jaunes, saignements. C'est une urgence hospitalière.
Comment agit l'artésunate ?
C'est un dérivé de l'artémisinine, soluble dans l'eau, ce qui permet de l'injecter. Il est activé par le fer de l'hémoglobine que le parasite digère et libère des molécules toxiques qui le détruisent. Son grand atout : il tue les parasites très vite, y compris les jeunes formes, avant qu'ils ne se fixent sur les parois des petits vaisseaux du cerveau et des organes, là où ils causent le plus de dégâts.
Pourquoi a-t-il remplacé la quinine ?
Deux grands essais cliniques, menés en Asie puis en Afrique (étude AQUAMAT, publiée en 2010 et portant sur plus de 5 000 enfants), ont montré que l'artésunate réduisait nettement la mortalité par rapport à la quinine, avec moins d'effets indésirables (notamment moins d'hypoglycémies). La quinine reste une solution de secours quand l'artésunate n'est pas disponible.
Comment se déroule le traitement ?
- Il est administré à l'hôpital ou au centre de santé, en intraveineuse ou en intramusculaire, à une dose calculée selon le poids.
- Le produit est une poudre à reconstituer juste avant l'injection, selon une procédure précise.
- Au moins 3 doses sur 24 heures (à l'arrivée, 12 heures et 24 heures), puis une dose par jour jusqu'à ce que le patient puisse avaler.
- Ensuite, le traitement est obligatoirement complété par une cure complète de 3 jours de CTA en comprimés (par exemple artéméther-luméfantrine), pour éliminer tous les parasites.
- Le traitement de l'anémie, des convulsions, de l'hypoglycémie ou de la déshydratation est fait en parallèle.
L'artésunate rectal : gagner du temps
Dans les villages éloignés d'un hôpital, l'OMS recommande que les agents de santé communautaires donnent une dose unique d'artésunate en suppositoire à un jeune enfant présentant des signes de gravité, puis l'adressent immédiatement à l'hôpital. Ce n'est pas un traitement complet : sans transfert et traitement hospitalier, l'enfant reste en danger.
À retenir
- Paludisme grave = urgence hospitalière.
- Artésunate injectable = traitement de référence, plus efficace que la quinine.
- Toujours suivi d'une cure complète de CTA.
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Cet article donne des informations générales et ne remplace pas l'avis d'un médecin. Le paludisme grave se traite exclusivement en milieu de soins.












